Voici les seules informations qu’il nous a transmises oralement et de son vivant :
"J’ai été prisonnier au Stalag XIa, à Altengrabow, durant deux ans et demi. Il y avait des miradors, et c’était impossible de s’échapper ! Ils m’ont libéré en 42 parce que j’étais malade. Que je ne pouvais plus travailler dans les fermes. Mais... on a eu faim. J’ai même donné ma montre pour avoir deux pains !”
Voilà les seuls souvenirs qu’il nous a laissés ainsi que sa plaquette de “KG” accrochée à la petite chaine de prisonnier de guerre portant le N° 68127. Dans son épais dossier d’ après-guerre : deux vieux bouts de papiers écrits à Altengrabow qui certifient son incapacité à travailler, et sa libération signée par la Kommandantur du Camp. Ces petits documents, ont été pliés, conservés précieusement dans le fond de sa poche et presque déchirés à force d’avoir dû les montrer... sans doute lors de contrôles ou pour l’obtention de sa petite pension d’ Invalide de Guerre. Car Gérard en a gardé des séquelles sanitaires toute sa vie. Son invalidité fut reconnue à 10 %. Ci-contre, le “certificat médical”.
Pour découvrir les conditions de vie dans ces camps, j’ai fouillé sur Internet pour découvrir d’autres témoignages de ce qu’était le Stalag XIa, ce qu’était la vie là-bas.
La photo suivante représente un départ matinal des prisonniers, regroupés par de nombreux Kommando différents vers les lieux de travail environnants. A bien observer ce cliché, on peut deviner la surveillance, la promiscuité, les bâtiments, les guérites…
Un certain Louis Klinkenberg en a écrit des pages et réalisé plusieurs dessins illustrant la vie et le décor partiel du camp XIa .
Voilà un extrait de son histoire qui peut décrire ce que Gérard a connu.
Un bref instant, Louis Klinkenberg put croire à sa libération prochaine. L’Allemagne nazie décida en effet de libérer les prisonniers de guerre flamands — réputés germains —, les Belges francophones étant voués à partager le sort des Français et de bien d’autres nationaux. Mais son nom indiscutablement germanique ne lui valut pas un autre traitement que celui qui était réservé aux Wallons dont il était. Au Stalag XI A, il a côtoyé le grand syndicaliste André Renard. Il fut détaché au Kommando dans une ferme, où il se montra peu doué pour les activités agricoles.
En 1942, après un séjour au Lazaret (l'hôpital du camp) Louis Klinkenberg fut déclaré « DU » (abréviation de Dienstsunfähig : inapte au service) et son rapatriement en train sanitaire fut en conséquence prévu. Commença alors la longue attente du retour (au début 1942, une sévère contre-expertise eut lieu, et un certain nombre de camarades de Louis Klinkenberg, pourtant mal en point, furent renvoyés au travail).
Il rentra a pays mais plus jamais, ni son moral ni sa santé ne seront les mêmes.
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(1912 - 1996 ) Classe 32
Selon sa carte d’ancien combattant :
- Campagne des 18 jours, du 10 mai au 24 mai 1940, intégré au 24e Régiment de Ligne
- Campagne des 18 jours
- Prisonnier de Guerre du 24 mai 1940 au 1 décembre 1942, au Stalag XIa, à Altengrabow
Son livret militaire n’existe plus : confisqué par les Allemands.
Selon sa carte d’ancien combattant :
- Campagne des 18 jours, du 10 mai au 24 mai 1940, intégré au 24e Régiment de Ligne
- Campagne des 18 jours
- Prisonnier de Guerre du 24 mai 1940 au 1 décembre 1942, au Stalag XIa, à Altengrabow
Son livret militaire n’existe plus : confisqué par les Allemands.




Très instructif !
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