Lors de la déroute de mai 1940, son unité (française) recule jusqu’à la côte atlantique où elle ne trouve d’autre issue que de se rendre aux unités allemandes de la Wehrmacht qui les talonnaient depuis la frontière belge. Il est ainsi capturé, à Nantes, le 21 juin 1940. Il sera envoyé au camp d’Altengrabow (Stalag XI A) où il arrive durant l’été. Il aura le matricule 95xxx. Louis Lampin restera prisonnier en Allemagne jusqu’au 20 septembre 1941 date à laquelle il sera libéré, transféré en France, démobilisé à Arras et réformé de l’armée.
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| Dessin d'une chambre de prisonners - 1942 |
À Altengrabow, il comprend très tôt que la guerre va durer et que s’il ne parvient à pas à s’échapper rapidement d’une quelconque manière, il va devoir passer un insupportable nombre d’années enfermé avec ses camarades d’infortune. Sa famille lui manque terriblement. Il ne rêve plus dès lors que de la retrouver, comme tant d’autres la leur, et de fouler à nouveau le sol natal.
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| Photo d'un décor semblable |
Pour arriver à ses fins et être ainsi libéré, Louis n'hésite pas à mettre sa vie en danger. Dès les premiers jours de son internement, il commence par montrer une constitution fébrile et fragile. Il ne veut absolument pas travailler pour l'ennemi et cherche à être exempté des diverses corvées. Il tâche alors de se faire porter malade le plus souvent possible. Devant la détermination de ses geôliers qui n'acceptent pas toujours sa condition de prisonnier valétudinaire (=maladif), il s'emploie à dégrader sa santé et apporter ainsi les preuves tangibles et irréfutables de sa mauvaise condition physique. Heureusement, parlant suffisamment la langue, il arrive à se faire comprendre et à plaider son cas. Il essaie ainsi de persuader les autorités médicales du camp, notamment le médecin militaire qui l'examine à plusieurs reprises, qu'il est inapte au travail à cause d'une maladie cardiaque très prononcée. Très régulièrement et surtout avant chaque examen, il fume un mélange de tabac et d'aspirine concassée auquel il ajoute d'autres excipients. Ce mélange détonant fait monter haut son régime cardiaque et laisse croire alors à une maladie congénitale invalidante et incurable. Il frôle ainsi plusieurs fois la mort et reste parfois plusieurs jours dans un état limite. Au bout d'un an, les Allemands qui n'entendaient pas nourrir inutilement un invalide qui pouvait au demeurant mourir à tout moment, décidèrent, peine perdue, de le libérer.
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| "Ne pas nourir les gens malades inutilement ! " Les Prisonniers devaient faire tourner la machine de guerre ou remplacer les ouvriers agricoles allemands partis pour "occuper" la France, la Belgique |



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